Réseau Quetelet

Enquête : Passage à l'âge adulte (1993-1994)

Producteur

  • INED - Institut national d'études démographiques

Financement

  • INED - Institut national d'études démographiques
  • CNAF - Caisse nationale d'allocations familiales

Diffuseur

  • INED - Institut national d'études démographiques

Résumé

L'enquête a pour premier objectif de recueillir les biographies familiales, conjugales, résidentielles et professionnelles des personnes interrogées, de la fin de la scolarité obligatoire à la date de l'enquête. La description parallèle et la datation des séquences de vie seule ou en couple, des séquences de formation et d'emploi et des séquences résidentielles permet de faire apparaître les liens qui s'établissent entre les principales étapes de la stabilisation adulte (passage à la vie en couple, obtention d'un emploi avec statut stable, autonomie résidentielle, premier enfant ou mariage). Une attention particulière est accordée en outre aux moments où la situation de l'individu est incertaine et son statut flou, et ou d'autres orientations auraient pu être prises. Ainsi on s'intéresse au statut d'étudiant salarié, au phénomène de double résidence (en logement collectif et chez les parents, par exemple), aux fréquentations amoureuses stables sans cohabitation permanente, ainsi qu'au retour chez les parents après une phase d'autonomie résidentielle (ce que les sociologues appellent la " recohabitation ". On cherche à comprendre dans quelles conditions certaines tentatives avortent : pourquoi telle fréquentation sérieuse ne s'est pas transformée en couple, pourquoi la personne interrogée a interrompu tel cycle d'études ou démissionné de tel emploi, dans quelles conditions s'est effectué un retour temporaire chez les parents. D'une manière générale, on s'intéressera aux refus et aux choix négatifs. Y a-t-il des refus de stabiliser une situation (professionnelle ou amoureuse), ou des intentions explicites de reporter des engagements ? Refuse-t-on d'effectuer des mobilités géographiques à but professionnel ou des faire un enfant avant telle échéance ? L'incertitude sur l'avenir, même proche, est un élément essentiel de l'expérience vécue de la jeunesse. La formulation de projets explicites, inégalement développée d'un milieu à l'autre, est un moyen de rendre supportable l'incertitude, qui prend des formes diverses. Pour certains jeunes, relativement résignés, les incertitudes de la jeunesse constituent un apprentissage précoce de la précarité de leur situation sociale, et de l'absence de maîtrise qu'ils ont de leur future trajectoire. Pour d'autres, les incertitudes de la transition peuvent être gérées comme une suite d'expériences, une forme de mobilité et d'adaptation à la diversité des situations, vécues d'autant plus positivement que les " arrières sont assuré ".

Un second objectif est de décrire les comportements et les modes de vie associés à cet âge de transition. Ainsi il importe de connaître assez précisément l'évolution des moyens d'existences individuels, si l'on veut situer l'apparition et la progression de l'autonomie financière. Le passage à l'âge adulte implique probablement une modification du rapport à l'argent, qu'on peut observer par le biais de l'épargne, du crédit et de l'évolution du mode de consommation (dépenses de loisir ou achats de biens durables ?). Les biens durables peuvent également être considérés comme des instruments et des attributs de l'autonomie : on cherchera à dater l'acquisition d'un certain nombre d'entre eux (moyens de locomotion, télévision, machine à laver le linge…). Par ailleurs, on s'intéressera à tous les comportements dits à risque, dans leur contenu comme dans leurs effets : sont-ils liés à une forme de précarité sociale ? On étudiera les comportements liés à l'automobile, à la moto, ainsi qu'aux sports à risque. On abordera également la consommation d'alcool, de tabac, de drogue (?). On essaiera d'aborder le problème des dépressions nerveuses et des tentatives de suicide. La stabilisation sociale de l'individu va de pair avec une transformation de ses comportements " juvéniles " : moins de sorties le samedi soir, moindre fréquentation du café, moins de sport, plus d'épargne. Est-ce une transformation mécanique ou une transformation volontaire ?

Le troisième objectif est de décrire l'évolution des relations avec le milieu familial d'origine dans la transition à l'âge adulte. Plusieurs aspects sont à considérer. L'exemple professionnel ou conjugal des parents peut fonctionner comme modèle ou comme repoussoir, et être à la source de projets explicites ou d'attitudes de principe chez leurs enfants (faire ou ne pas faire comme son père ou sa mère). On sait par exemple que les enfants de divorcés sont allergiques au mariage direct. Par ailleurs, les parents investissent de manières très diverses dans l'avenir de leurs enfants et ne manquent pas de faire connaître leurs attentes à ces derniers. Ces attentes donnent-elles lieu à des pressions, efficaces ou non, pour la poursuite des études (de certaines études) ou pour l'entrée dans le monde professionnel ? Le réseau familial est-il actif et efficace pour l'obtention d'un " bon emploi " ou pour de " petits boulots " ? Certains enfants sont invités à quitter le logement familial. Comment se font les pressions ? D'autres restent ou reviennent au bercail. Dans quelles conditions matérielles les " cohabitants prolongés " et les " recohabitants " peuvent-ils rester chez leurs parents ? On se demandera aussi si les parents exercent encore une influence sur la mise en couple de leurs enfants. Dans ce domaine, tout est désormais possible : des parents qui incitent leurs enfants à ne pas se marier lorsqu'ils vivent en couple, à ceux qui font toujours du mariage un préalable… Par ailleurs, on essaiera d'évaluer les formes de solidarité familiale : prise en charge totale ou partielle des jeunes pendant leurs études, ou lorsqu'ils n'ont pas d'emploi, aides exceptionnelles au moment de l'installation résidentielle, de la mise en couple ou de la rupture du couple. Quand ces aides font-elles défaut ? A partir de quand se réduisent-elles ? Enfin on essaiera de déterminer la composition et les activités des divers groupes de pairs fréquentés à chaque étape. Jouent-ils, eux aussi, un rôle dans le passage à l'âge adulte ? L'exemple, l'aide, ou le conseil des pairs interviennent-ils pour le choix d'un cycle d'études, d'un emploi, d'un conjoint, d'un logement ?

Le quatrième objectif est de décrire précisément la spécificité des comportements des jeunes femmes. Ils se sont fortement modifiés dans les trois dernières décennies sans jamais s'identifier aux comportements des hommes. Ainsi les enjeux familiaux et conjugaux restent toujours très nettement formulés chez les premières. Existe-t-il chez les jeunes femmes sans emploi ou sans diplôme une stratégie explicite de mise en couple rapide ? Inversement peut-on repérer chez d'autres jeunes femmes une volonté plus affirmée que chez les hommes de retarder la formation du couple, ou sa consolidation par le mariage, ou la venue du premier enfant ? On s'intéressera particulièrement aux jeunes femmes qui n'ont pas essayé d'entrer sur le marché du travail ou qui ont échoué dans leurs tentatives : quelle est leur représentation du travail et de la famille ? Inversement on cherchera à déterminer le processus qui conduit toujours certaines femmes diplômées à vivre seules. Enfin on abordera les ruptures précoces d'unions de cohabitants. Les femmes jouent-elles dans ces ruptures " juvéniles " le même rôle moteur que dans les divorces ?


Pour une présentation plus détaillée de l'enquête, voir les documents "Présentation rapide" et "Présentation complète" dans "Autre matériel pour la description de l'enquête / Matériel relié".

Dates de collecte

  • Enquête principale - début : 05/1993
  • Enquête principale - fin : 08/1993
  • Enquête complémentaire de résorption - début : 10/1993
  • Enquête complémentaire de résorption - fin : 11/1993

Pays

France

Couverture géographique

France métropolitaine

Unité d'analyse

Individu

Univers

Jeunes adultes âgés de 25 à 34 ans (au 1er Janvier 1994) appartenant aux générations 1959 à 1968

Méthode d'échantillonnage

Quotas par :
- âge : un groupe de 25-29 ans et un autre de 30-34 ans (50/50).
- sexe / activité : hommes sans emploi (étudiants, chômeurs), hommes avec emploi, femmes sans emploi (étudiantes, au foyer, chômeuses), femmes avec emploi.
- statut conjugal : personnes en couple ou non, sans tenir compte du statut matrimonial légal.
- catégorie socioprofessionnelle de la personne de référence du ménage : agriculteurs, artisans et commerçants, cadres et professions intellectuelles supérieures, professions intermédiaires, employés, ouvriers, inactifs n'ayant jamais travaillé.

Les quotas ont été calculés par région INED (Nord-Ouest, Nord-Est, Sud-Ouest, Sud-Est, Région Parisienne), et à l'intérieur de chaque région, par strate. Les strates ayant été retenues sont : communes rurales, agglomérations urbaines de moins de 20 000 habitants, agglomérations de 20 000 à 200 000 habitants, agglomérations de de plus de 200 000 habitants sauf Paris, agglomération parisienne. L'agglomération parisienne est subdivisée en 3 strates : Paris intra muros, Petite couronne (92,93,94), Grande couronne (91,95,78,77).

Nombre d'observations

2988

Méthode de collecte

Face à face